Voyage en Amérique

Chili

Valparaíso, la ville aux quarante-deux collines

Les maisons de tôle peinte du Paseo Mirador Atkinson à Valparaíso
Le Paseo Mirador Atkinson, cerro Concepción. HaSt, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Valparaíso est à deux heures à l’ouest de Santiago, sur le Pacifique. C’est un port qui a été très riche, puis oublié, et qui vit aujourd’hui de son décor : quarante-deux collines couvertes de maisons de tôle peinte, reliées au bas de la ville par des ascenseurs.

Une richesse et une chute

Avant l’ouverture du canal de Panama en 1914, tout navire allant de l’Atlantique au Pacifique passait par le cap Horn, et Valparaíso était la première escale sûre après le passage. La ville s’est enrichie, a construit la première Bourse d’Amérique du Sud, le premier journal en espagnol du continent encore publié, et le premier corps de pompiers volontaires du pays.

Le canal a tout arrêté. La ville a décliné pendant des décennies, ce qui explique paradoxalement son état : personne n’a eu les moyens de démolir, et le tissu du XIXe siècle est resté. Le centre historique est classé à l’Unesco depuis 2003.

Les ascenseurs

Une trentaine d’ascensores, funiculaires à voie inclinée, ont été construits entre 1883 et 1916 pour relier le plan à ses collines. Une quinzaine subsiste, dont une poignée en service, classés monuments nationaux.

Le Reina Victoria, l’El Peral et le Concepción, le plus ancien encore debout, desservent les collines les plus visitées. Le trajet dure une minute et coûte quelques centimes ; c’est le moyen normal de circuler pour les habitants, pas une attraction.

Les collines

Cerro Concepción et Cerro Alegre forment le cœur touristique : maisons de tôle ondulée peintes de couleurs franches, escaliers, cafés, et des fresques murales à chaque angle. Valparaíso a l’une des plus fortes densités d’art urbain au monde, encouragée par la ville.

La Sebastiana, l’une des trois maisons de Pablo Neruda, se dresse sur le cerro Florida. Le poète l’avait choisie pour la vue et l’avait meublée d’objets glanés dans les ports. Elle se visite, et c’est le meilleur endroit pour comprendre son goût du bric-à-brac.

Ce qu’il faut savoir

La ville est raide. Prévoyez des chaussures et acceptez de prendre les ascenseurs plutôt que les escaliers. Elle a aussi la réputation d’être peu sûre en dehors des collines touristiques et du plan : on évite de descendre au hasard dans les quebradas, surtout le soir, et on ne sort pas son téléphone dans la rue.

Viña del Mar, la station balnéaire voisine, est à dix minutes de métro et offre un contraste total : immeubles récents, plages, casino.

Quand y aller

De novembre à mars pour l’été austral, sachant que la côte reste fraîche et souvent brumeuse le matin. Le 31 décembre, le feu d’artifice tiré depuis la baie attire plusieurs centaines de milliers de personnes ; les hébergements se réservent des mois à l’avance.

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